Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu un simple mythe
Chapitre
13 : Premiers jour chez les Potter.
Le matin du douze août, Harry et Sirius
furent réveillés de bonne heure, par Céleste qui avait déboulé dans la chambre
de son frère, pour sauter sur son lit, le réveillant en sursaut et sortant
Harry du sommeil par la même occasion.
« DEBOUT… ! cria la petite
fille. SIRI, HARRY,
DEBOUT…! »
Sirius grommela et jeta un regard à son réveil, encore un peu dans
le coltar.
«- Céleste, ça va pas ou
quoi… ? Il est que huit heures… ! grogna-t-il, en se mettant son
oreiller sur la tête. Alors dehors et laisse-moi dormir… !
- Mais… ? Siri… !
- Il y a pas de “Mais, Siri” qui tienne… ! riposta la voix de
son frère, étouffée par l’oreiller. Alors, dehors… ! »
La petite fit une grimace obstinée
et, n’ayant pas dit son dernier mot, bondit vers la fenêtre dont elle ouvrit
violemment les rideaux, la lumière du soleil estival inonda la pièce.
«- SIRI… ! MAMAN M’A DIT DE
VOUS REVEILLER… ! cria-t-elle.
- Oh, ça va… ! Ca va, tu as gagné… ! capitula Sirius. Si
t’arrêtes de crier comme ça, j’me lève… !
- Et puis, James est déjà là… ! ajouta la petite sœur, en se
dirigeant vers la sortie. Il attend en bas, avec maman ! »
Cette remarque suffit à réveiller
totalement les deux adolescents.
«- On est déjà le douze ?
s’étonna Harry, en étouffant un bâillement.
- Faut croire… ! marmonna Sirius, assis sur son lit, se
passant la main dans les cheveux d’un air pas inspiré. Bon, on ferai mieux de
ne pas faire attendre Corny trop longtemps… ! »
Harry sourit. Depuis qu’il avait été
accepté par les Maraudeurs, les trois ne s’étaient pas privé de s’appeler par
leur surnom respectif devant lui.
* * * * *
Un quart d’heure plus tard, après un
rapide passage à la salle de bain, tous deux descendirent. Une fois dans
l’entrée, Harry y déposa son sac et suivit le Maraudeur jusqu’au Salon, où ils
trouvèrent James qui les attendait patiemment, entouré par Céleste et quelques
autres cousins de Sirius.
«- Salut les gars… ! lança-t-il
en apercevant ses deux amis. Alors, comme ça on dormait encore ?
-
Ouais… ! marmonna Sirius. Et si tu nous disais ce qui t’emmène
de si bonne heure ?
- Sirius (là, c’est par rapport aux enfants), je t’ai dit, hier,
que ma mère doit se rendre au Ministère et qu’elle voulait absolument s’assurer
que Harry soit bien installé chez nous avant de partir… ! répliqua James.
- On a quand même le temps de manger avant ? demanda Sirius.
- Ben, toi, tu fais ce que tu veux mais, Harry, tu pourrais
toujours prendre ton petit-déj, chez moi, non ?
- Ca me dérange pas d’attendre, mais j’veux pas déranger plus que
nécessaire et… !
- Oh, ça dérangera pas du tout… ! Pour tout te dire, moi non
plus, je n’ai pas encore manger, alors… ! » répliqua James en
souriant.
Sur ce, Harry partit donc avec
James, après avoir salué et remercié tout le monde (du moins, tous ceux qui
étaient déjà debout), et Sirius, qui les raccompagna jusqu’à la rue.
«- Eh, Patmol, pourquoi tu viendrais
pas passer la journée à la maison, avec nous… ? proposa alors James.
- J’crois pas que ce soit possible… ! répondit Sirius avec
une grimace. Pendant que Harry saluait tout le monde, ma mère m’a fait savoir
qu’elle voulait emmener tout le monde pour faire quelques achats… !
- Ah… ! Ben, de toute façon, tu sais où j’habite… ! Et
je vous inviterai à la maison, Remus et toi… !
- Hum ! D’ailleurs, vous feriez bien d’y aller si tu veux pas
trop faire attendre ta mère… ! répliqua Sirius, désignant sa montre.
- Ouais… ! Ben, à plus alors ! Et amuse-toi bien pour
vos achats… ! conclut James, légèrement ironique sur ces derniers moments,
connaissant assez bien ce que c’était que d’aller faire des courses avec les
Black.
- Hum… ! Et vous, ne profitez pas d’être rien que vous deux
pour faire des bêtises ! répliqua Sirius, en adoptant un ton sentencieux.
- Oui papa ! plaisanta James. On y va, Harry ?
- C’est quand tu veux ! répondit ce dernier en souriant. Ben,
salut Sirius, et merci pour m’avoir invité chez toi pour ces trois dernières
semaines… !
- C’était normal… ! rétorqua ce dernier en souriant. Et tu vas
trouver que c’est bien calme, chez James, par rapport à chez moi… ! Allez,
on s’voit plus tard, moi, il faut que j’aille prendre mon
petit-déjeuner… ! »
Sur ce, James et Harry partirent le
long de la rue, tandis que Sirius rentrait chez lui. Chemin faisant, les deux
adolescents discutaient de tout et de rien.
«- Ta mère travaille au
Ministère ? demanda Harry.
- Non, pas vraiment… ! Mon père y travail en tant qu’Auror,
mais ma mère appartient à une association, créée au sein du Ministère, qui intervient
auprès des gens en cas d’attaque de Voldemort… ! Mais là, c’est qu’une
petite réunion de mise au point… ! expliqua James. C’est une sorte de
“cellule de crise” si tu préfères… !
- Hum… ! répondit simplement Harry, voyant ce qu’il voulait
dire. Mais tu dois être souvent seul chez toi, alors… ?
- Pas tant que ça… ! Ces réunions n’ont lieu qu’une fois par
mois et l’association n’intervient qu’au cas où… il y aurait des
survivants… ! Donc pas souvent… ! ajouta James, en s’assombrissant.
Donc ma mère est assez souvent à la maison… ! Tout autant que mon père est
absent… ! » ajouta-t-il, légèrement sarcastique sur les bords.
La discussion continua sur des
sujets plus “joyeux” et tourna principalement sur le Quidditch, jusqu’à ce que…
« On est presque
arrivé… ! » annonça soudain James, en s’engageant dans une rue qui
s’ouvrait sur leur droite.
Harry jetait un regard autour de
lui, alors qu’ils avançaient dans la petite rue paisible, encadrée par des
maisons aux proportions plus que respectables et bordée d’une rangée de hauts
peupliers.
«- Cette rue est l’une des rares du
quartier à être exclusivement habitée par des gens de notre monde… !
commenta James.
- Mais, dis-moi, avec Voldemort, tes parents n’ont pas peur de te laisser
sortir seul comme ça ? s’étonna Harry, repensant à quelque chose. Parce
que j’ai crû comprendre que Voldemort ne vous faisait pas la vie
facile… ! »
James eut, à l’étonnement de Harry,
un léger rire.
« Si tu veux vraiment que je te
réponde, je le ferai une fois qu’on sera à la maison… ! »
Mais, moins d’une minute plus tard,
après une courbe de la rue, ils atteignirent une vaste propriété, entourée par
un mur de pierre et de hauts et épais arbres qui la masquait à la vue des gens
de l’extérieur. James s’avança, en maître des lieux, vers le portail. Harry
observa son futur père qui murmura quelque chose que Harry ne put saisir et le
battant s’ouvrit. James s’écarta, invitant ainsi son camarade à passer devant
lui et tous deux pénétrèrent dans la propriété, le portail se refermant
derrière eux.
« Bienvenu à Godric’s
Hollow ! » lança joyeusement James, alors qu’ils s’engageaient sur un
petit chemin soigneusement entretenu qui serpentait entre d’autres rangées
d’arbres.
Harry sentit son cœur faire un bond
dans sa poitrine… Godric’s Hollow…, un nom qui lui était familier… !
L’endroit où habitaient ses parents le soir où Voldemort les avait assassiné…,
d’après ce que Hagrid avait un jour laissé échapper dans une conversation
qu’ils avaient eu, lorsque Harry était en première année… ! Donc, ça
signifiait aussi que, visiblement, à la mort de ses parents, James récupérerait
la propriété pour y fonder sa propre famille.
« Par contre, je tiens à te
prévenir, le Manoir risque de te paraître un peu vieillot ! reprit James,
après un moment de marche silencieuse. Godric’s Hollow est dans ma famille
depuis des générations… ! Pour la petite anecdote, il paraît que Godric
Gryffondor, l’un des quatre fondateurs de Poudlard, y a vécu dans son enfance… !
Mais bon, ça n’a jamais été prouvé… ! Quoiqu’il en soit cet endroit est
vieux comme mathusalem, mais c’est ça qui fait tout son charme… ! Enfin,
tu va voir par toi-même… ! »
En effet, au même instant, ils
sortirent du couvert des arbres et Harry resta bouche-bée par le spectacle qui
s’offrait à lui. Un petit muret de pierre entourait une vaste propriété à
l’extrémité de laquelle se dressait un imposant manoir d’un style digne de
l’époque victorienne, ou un autre genre tout aussi ancien.
«- Whoa… ! souffla-t-il stupéfait,
au grand amusement de James.
- Tu as pas encore tout vu… ! commenta-t-il. Allez,
viens ! »
Sur ce, tous deux s’avancèrent vers
le petit portillon en fer forgé qui fermait l’accès au “jardin” aux proportions
plus qu’impressionnantes et s’engagèrent dans une allée qui serpentait entre
des parterres de fleurs en tout genre, mais parfaitement entretenus et
ordonnés, et des arbustes taillés aux formes diverses disséminés sur la
pelouse. Une fois sur le vaste perron en marbre blanc, James ouvrit la porte
d’entrée, fit passer son invité devant lui et tous deux pénétrèrent dans le
vaste Manoir des Potter.
Harry était ébahit et ne trouvait
aucun mot assez fort pour décrire l’endroit, où rien n’avait été négligé, où
les murs, encadrements des portes, socles des statues, cadres des tableaux,
rampes de l’imposant escalier (dans une moindre mesure que celui de Poudlard
mais impressionnant quand même), … tout avait été minutieusement travaillé et
avait des finitions irréprochables…, y compris le lustre en cristal qui pendait
du plafond, apportant ainsi un éclairage supplémentaire ! Il ne faisait
aucun doute que le créateur de ces lieux avait eu d’énormes moyens et un goût
du luxe évident… ! L’adolescent se remettait à peine de sa stupéfaction, sous
le regard amusé de James, lorsqu’une porte s’ouvrit sur leur gauche.
« Ah, Jimmy ! Je me
demandais quand tu allais arriver avec ton ami… ! » s’exclama Mrs
Potter en venant vers eux, l’air tout aussi chaleureuse que la fois où Harry
l’avait rencontrée chez les Black.
Sa grand-mère (ça lui faisait
bizarre de penser à ça, mais c’était le mot exact, après tout) lui rappelait
une autre personne, bien que Harry soit incapable de dire qui. Grande et mince,
les cheveux bruns soigneusement attachés, ses yeux bleus (visiblement, c’était
une manie que le fils ait les yeux de sa mère) foncés brillants d’un éclat
bienveillant, elle attirait sans aucune doute la sympathie et Harry l’aimait
bien.
«- Bienvenu chez nous, Harry ! lança-t-elle
en se tournant vers ce dernier. J’aurai aimée avoir le temps de m’assurer que
tu t’installes bien mais là, je ne suis vraiment pas en avance… !
commenta-t-elle, en jetant un regard à une horloge de grand-mère qui trônait
près de la porte par laquelle elle était arrivée. Je suis sincèrement désolée
de ne pouvoir rester plus longtemps mais… ! Enfin, je compte sur toi,
Jimmy pour faire le nécessaire que ton ami s’installe correctement… !
- Oui, M’man ! Ne t’inquiète pas pour ça, Harry sera entre de
bonne mains… !
- Hum… ! commenta, simplement sa mère. Bon, sinon, le
petit-déjeuner vous attend dans la salle à manger et, en cas de problème,
Jimmy, je te laisse voir ça avec les Elfes, d’accord… ?
- Oui, Maman ! » répéta James, une fois encore.
Elle s’avança vers la porte d’entrée
mais se ravisa, et se retourna vers les deux adolescents.
« Ah, oui, sinon, je devrais
être rentrée pour dix-sept heures… ! Et… !
- Oui, Maman ! Ne t’inquiète pas, on est assez grands pour
pouvoir passer quelques heures seuls à la maison ! Et tu ferai bien d’y
aller car tu vas finir par être en retard au Ministère… !
- Tu as raison… ! Ah, c’est vraiment pas de chance que cette
réunion tombe aujourd’hui… ! soupira-t-elle. Au fait, Jimmy, j’y pense, il
y a une lettre de Poudlard, et une autre aussi pour ton ami… ! »
Sur ce, elle quitta la maison, sous
le regard amusé de Harry.
«- Je vais bientôt avoir dix-sept
ans et c’est à peine si elle concède à me laisser seul à la maison pour
quelques heures… ! grommela James. Elle est bien trop protectrice… !
- Toi, au moins, tu as tes parents ! lâcha Harry, plus
instinctivement qu’autre chose, perdu dans ses pensées, jusqu’à ce qu’une petit
douleur sur son torse le ramène à la réalité, alors que sa médaille lui “rappelait”
d’éviter ce genre d’allusion.
- Désolé, je ne voulais pas donner l’impression de me
plaindre… ! s’excusa-t-il aussitôt. J’aime bien ma mère, c’est juste
que… ! »
Il s’interrompit et un silence gêné
s’installa, Harry regrettant, une fois de plus, de ne pas avoir su tenir sa
langue. James se décida finalement à rompre le silence en changeant de sujet.
«- Bon, on va commencer par monter
tes affaires, puis on ira manger et voir nos lettres de Poudlard… ! Ca te
va… ?
- Pas de problème… ! approuva Harry. Je te suis !
- Il vaut mieux car, au début, c’est un peu compliqué de s’y
retrouver…, quand on a pas l’habitude… ! répliqua James avec un léger
sourire. Enfin, n’empêche, Dumbledore a parfaitement retenu ton petit “programme”
de vacances, pour faire envoyer ta lettre en même temps que la mienne… !
Euh, sinon, je voulais te demander… ! ajouta-t-il, alors qu’ils se
dirigeaient vers l’escalier. Tu préfèrerai avoir une chambre pour toi, ou qu’on
partage la mienne ? Enfin, j’te dis ça parce que, jusque là, tu as pas eu
vraiment l’occasion d’avoir un tant soit peu d’intimité… ! Alors, c’est
comme tu préfères… !
- Ben, ça n’a pas d’importance pour moi… ! C’est comme tu
veux… !
- Tu es sûr ? insista James, avant de reprendre alors que
Harry confirmait d’un signe de tête. Ben, je suppose que, dans ce cas, tout
autant que tu viennes dans ma chambre… ! Après tout, c’est plus…
convivial, on va dire… ! »
Harry acquiesça d’un autre signe de
tête, alors que tous deux gravissaient l’escalier. Tous deux restèrent un
moment silencieux et Harry en profitait pour observer l’endroit plus en
détails. Tout l’émerveillait dans cette immense bâtisse… !
Alors, c’était ici qu’il passerait les premiers mois de sa vie,
d’ici quelques années… ? Il ressentit un pincement au cœur à cette
pensée… ! Quinze mois, c’était le temps qu’il passerait avec ses parents,
avant qu’ils ne soient assassinés par Voldemort… ! Quinze mois, c’est très
peu… ! Il secoua la tête, chassant ses sombres pensées de son esprit. Le
moment était mal choisit pour songer à tout ce qu’il aurait pu avoir si
Pettigrow n’avait pas été un traître… ! Et voilà qu’il
recommençait… !
Harry se gifla mentalement pour se reprendre et reprit son
observation de l’endroit où il se trouvait. James, marchant légèrement devant
lui, ne semblait pas avoir remarqué l’air préoccupé qu’avait du avoir Harry
pendant un moment, l’emmenait le long d’un couloir dont le sol était recouvert
d’un tapis richement tissé et si épais qu’il étouffait le bruit de leur pas.
Les couleurs rouge et or dominaient, jusque dans les tapis ou les
blasons portant les armes des Potter que Harry eut l’occasion d’apercevoir dans
le couloir. Un oiseau au plumage écarlate et doré, perché sur l’une des pattes
avant d’un lion allongé sur le sol, la tête dressée fièrement. Harry ne put
s’empêcher de s’interroger sur ce qui avait pu pousser son aïeul qui avait créé
la lignée des Potter, des centaines d’années auparavant, à prendre le Phénix en
emblème… ! Sur leur passage, l’oiseau gonfla ses plumes, le lion secoua
son épaisse crinière ébouriffée, et Harry ne put réprimer un sourire, en
comparant la crinière de l’animal aux cheveux noirs du garçon qui le
précédait… ! Au moins, ça expliquerait d’où provenait ce trait visiblement
héréditaire des Potter… !
« Tu as de la chance qu’ils
fassent ça… ! En temps normal, ils ne prennent même pas la peine de bouger
quand on a des visiteurs… ! Pour t’en faire une idée, Sirius, qui est
pourtant venu un nombre incalculable de fois, ne les a jamais vu bouger, ou
peut-être qu’une seule fois… ! Et encore… ! » commenta soudain
James, ramenant Harry à la réalité.
Semblant remarquer que son camarade
ne le suivait plus, James s’était arrêté, pour voir ce que Harry observait.
« C’est les armes de ma
famille… ! Je trouve que ces deux là en font, parfois, un peu trop mais
bon… ! Enfin, au bout d’un moment, on ne leur prête même plus
attention… ! » conclut le maître des lieux.
Harry esquissa un signe de tête
affirmatif et sortit de son observation du blason.
«- En tout cas, c’est vraiment…
superbe… chez toi… ! lâcha-t-il distraitement.
- Hum… ! répliqua James, l’air légèrement amusé. Ca peut être
un avantage d’avoir eu un ancêtre qui avait un goût très prononcé pour le luxe,
l’opulence et le besoin de le montrer à tous … ! ajouta-t-il, avec un
léger sarcasme. Mais il paraît qu’il était quelque peu égocentrique… !
ajouta-t-il, en haussant les épaules. Mais on va dire que ça paye bien d’être
Auror.. !
- Ah bon ?
- Ouais… ! Chez les Potter, on est Auror de père en
fils… ! commenta-t-il, avec un sourire désabusé. C’est une tradition
familiale… ! Enfin, Auror ou son équivalent de l’époque… ! Ce qui
fait que, au fur et à mesure des générations, notre famille a accumulé une sacrée
petite fortune… ! Enfin, je ne vois pas pourquoi je te raconte ça… !
Ca ne doit pas t’intéresser toutes ces histoires de famille… ! reprit-il,
semblant revenir à l’instant présent. Allez viens, on arrive bientôt à ma
chambre… ! »
En effet, ils atteignirent, presque
aussitôt une porte sur laquelle était fixée une plaque dorée sur laquelle était
gravé le prénom de l’adolescent. James l’ouvrit et invita Harry à passer devant
lui.
« Bienvenu dans mon repaire
attitré… ! commenta James amusé, en entrant à la suite de son “invité”.
Personne ne peut y entrer sans mon autorisation préalable… ! Et puis…
Tiens, d’ailleurs, où est-il passé ? Gaïa… ? Eh, oh ! »
Un miaulement ravi retentit alors et un chat au pelage tigré
jaillit d’une porte entrouverte pour sauter dans les bras de son maître, en
ronronnant avec force, alors qu’il lui caressait la tête derrière les oreilles.
« Harry, je te présente Gaïa,
mon chat… ! Il est plus efficace que n’importe quel gardien… ! Mais
doux comme un agneau avec ceux qu’il connaît… ! » commenta James en
se tournant vers son camarade.
Le chat posa ses yeux verts sur le
nouveau, sa queue touffue bougeant calmement. Harry tendit la main vers la tête
de l’animal qui la renifla, tout en continuant à ronronner dans les bras de son
maître qui paraissait un peu étonné.
«- C’est bizarre… ! Tu es le
premier qu’il accepte aussi facilement… ! D’habitude, il est un peu plus
méfiant… ! commenta James.
- Tu ne l’emmènes pas à Poudlard ? demanda Harry.
- J’ai essayé de le faire,
en première année, mais il était tellement infernal que j’ai dû le renvoyer à
ma mère au bout d’une semaine… pour épargner mes amis… ! Je ne compte plus
le nombre de coups de griffes ou de dents qu’ils se sont pris… !
ajouta-t-il, avec une légère grimace. Enfin, même maintenant, bien qu’il semble
tolérer Sirius et Remus, il refuse tout net la présence de Peter… ! Je ne
sais pas pourquoi, d’ailleurs… ! Quoique, même Peter ait une crainte toute
particulière envers les chats… ! Enfin, quoi qu’il en soit, depuis, je garde
Gaïa dans ma chambre… ! » conclut-il, alors que le félin au longs
poils soyeux quittait ses bras pour se réceptionner lestement sur le lit de son
maître et commencer sa toilette.
Et Harry en profita pour regarder plus en détail, la vaste chambre
de son futur père. Il ne faisait aucun doute qu’il adorait le Quidditch, à en
croire le nombre incalculable de posters qui couvraient les murs lambrissés.
Les panneaux de bois étaient, tout comme dans le reste du manoir, soigneusement
sculptés et ornés d’or et de petites pierres écarlates. Un grand lit, comme
ceux des dortoirs de Gryffondor, était placé contre le mur, au milieu de la
pièce (“Comme tu peux le voir, je ne suis pas dépaysé, entre Poudlard et ici !”
ironisa James) A l’autre bout de la pièce, une vaste porte fenêtre donnait sur
un balcon qui surplombait l’arrière de la propriété. La cage, vide, d’Eole (la
chouette effraie de James) traînait dans un coin, près d’une bibliothèque, les
étagères du meuble étant recouvertes de livres, et d’un bureau en bois massif
et orné d’or. Près du lit, s’ouvrait la porte (qui se révélait mener à la salle
de bain) par laquelle était arrivé le chat (qui d’ailleurs dormait à présent,
pelotonné sur le lit) et un vaste placard dont les portes étaient recouvertes
de photos. Un épais tapis, semblable à celui du couloir recouvrait une bonne
partie du parquet.
« Tu n’as qu’à poser tes
affaires près du placard, pour l’instant, et on improvisera après avoir
mangé… ! Qu’est-ce que tu en dis ? »
Harry ne pu qu’approuver, tous deux
ayant, visiblement, aussi faim l’un que l’autre.
* * * * *
« C’est pire qu’à Poudlard… !
soupira Harry, après avoir fait honneur au petit-déjeuner qui les attendait dans
la vaste salle à manger, ornée de tableaux, de tapisseries richement brodées et
de blasons. Le manteau de la cheminée était jonché de cadres et divers objets
décoratifs. A croire que vous vous êtes tous donné le mot pour me gaver de
nourriture… ! »
James, en face de lui, se contenta
d’un sourire amusé, les pieds négligemment posés sur la table, les bras
derrière la tête, confortablement assis sur sa chaise dont seulement deux pieds
sur les quatre touchaient le sol. Harry l’observa distraitement, égayé par
l’attitude totalement décontractée du maître des lieux… Une autre similitude
avec Sirius, d’ailleurs… !
Harry reporta distraitement son
attention sur la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Des bougeoirs d’or
étaient fixés aux murs, entre chacune des fenêtres, et éclairaient la pièce
d’une lumière agréable. Une cheminée, où crépitait un feu, dégageait une
chaleur accueillante. Le plafond, situé à plusieurs mètres de hauteur, était
composé d’une multitude d’arcades aux voûtes sculptées de fleurs et de
créatures légendaires au milieu desquelles étaient peintes des scènes de
chasse. La longue table de bois rouge était strié de veinures harmonieuses,
dont le vernis étincelant reflétait la lueur des chandelles et les fresques du
plafond, et était entourée de chaises d’or à hauts dossiers, surmontés de
pommeaux, dont l’assise était recouverte d’un velours rouge à motifs jaunes
« Et encore, ça c’était que le
petit-déjeuner… ! commenta James. Attends un peu le
déjeuner… ! »
Harry eut une grimace à la perspective
d’encore plus de nourriture.
«- Enfin, si tu préfères, on
profitera que ma mère n’est pas là pour simplifier la tâche des Elfes de Maison
et leur demander un simple sandwich pour ce midi… ! suggéra James.
- Je serait pas contre… ! accepta Harry. Vous avez combien
d’Elfes ?
- Quatre… ! répondit évasivement James. Ma mère n’apprécie
pas trop ça mais mon père y tient absolument… ! Les Elfes sont vraiment
actifs quand mon père est là, où quand, comme dans ces cas-là, ma mère s’absente
aussi, parce que sinon les Elfes de Maison ont bien plus de “libertés”… !
En plus, ma mère adore faire la cuisine… ! Et c’est très rare qu’elle
laisse cette tâche aux Elfes de Maison… ! ajouta-t-il en souriant. Je n’ai
jamais vraiment compris pourquoi d’ailleurs… ! Enfin, tiens, j’y pense, si
on allait lire nos lettres de Poudlard… ?
- C’est ce qui était prévu, non ? » commenta Harry en
souriant.
Mais aucun d’eux n’avait de
motivation pour quitter la table. De sorte que, ayant échangé un regard entendu
avec Harry, James murmura un vague “Accio lettres !” et, bientôt, les
enveloppes en parchemin portant le sceau de Poudlard retombèrent devant leur
destinataire respectif.
«- Je sais qu’il y a des sort plus
élaborés mais, sans baguette, j’peux pas encore exploiter les sorts de
Déplace-tout et ses équivalents… ! expliqua James.
- Tu t’en sort avec la magie sans baguette ? s’enquit Harry.
- Ca dépend des fois… ! admit James. Mais c’est vrai que le
fait d’être un Animagus m’a pas mal aidé… ! D’ailleurs, ça me fait
penser… ! On pourrai profiter que ma mère ne soit pas là pour commencer
ton entraînement, non ? Tu as lu le premier chapitre ?
- Oui… ! D’ailleurs, c’est très bien écrit… ! ajouta
Harry, avant de décacheter l’enveloppe.
- Ben, on s’occupera de ça jusqu’au retour de ma mère et, après,
on improvisera… ! » conclut James, avant de s’intéresser à sa propre
lettre.
Harry sortit trois feuillets. Les
deux premiers étaient l’habituelle lettre de McGonagall pour rappeler la date de
rentrée accompagnée de la liste de fourniture pour l’année. Le troisième
parchemin était un bref mot de Dumbledore.
“Harry,
Je suppose que tes vacances se
passent bien, en tout cas probablement mieux que si tu avais du les passer à
Poudlard ! (Harry eut un léger
sourire)
Sinon,
je dois te rappeler que l’argent que je t’ai donné avant ton départ de Poudlard
sera amplement suffisant pour couvrir les frais d’achats des fournitures
scolaires… ! Tu me le rembourseras quand tu rentreras chez toi ! (L’adolescent repensa à la bourse qui se
trouvait parmi ses affaires. Visiblement, Dumbledore préférait le lui
rappeler…)
A ce propos, nous essayons toujours
de trouver un moyen de te ramener chez toi mais il semblerait que ton cas soit
un peu plus corsé que prévu et il est fort probable que tu doives passer une
bonne partie de la septième année à Poudlard.
En tout cas, profites bien de tes
dernières semaines de vacances !
Albus Dumbledore.”
Alors, comme ça, son retour à son
époque n’était pas encore prévu de sitôt ? Harry était partagé entre
déception et soulagement. Il était déçu car SON Poudlard lui manquait, mais il
en était aussi soulagé car ça lui permettrait de passer plus de temps avec les
Maraudeurs. Il rangea la lettre dans sa poche et jeta un regard en coin au
Maître des lieux qui observait, visiblement avec intérêt, le troisième
parchemin que contenait son propre courrier. Soudain, il se renfrogna
légèrement et retourna l’enveloppe. Un petit insigne brillant tomba au creux de
sa main gauche.
«- Préfet-en-Chef… !
grommela-t-il.
- Ca n’a pas l’air de te faire particulièrement plaisir… !
commenta Harry.
- Pas vraiment, en effet… ! soupira James. Mais, ça aura au
moins l’effet de faire plaisir à mon père… ! ajouta-t-il, avec mauvaise
humeur, tout en glissant négligemment l’insigne de Préfet-en-Chef dans l’une de
ses poches, où il fut bientôt rejoint par la lettre elle-même. Quoiqu’il en
soit, je suppose qu’on ira faire nos courses le vingt-trois août… ! Avant
le match… ! Comme ça, Patmol rentrera avec nous, vu que Lunard ne pourra
pas venir… ! »
Harry acquiesça d’un signe de tête,
tout en rangeant sa lettre dans sa poche, et sans pouvoir réprimer un petit
sourire qui n’échappa pas au Maraudeur.
«- Qu’est-ce qui te fait sourire
comme ça ? s’étonna ce dernier.
- Oh rien… ! Je me disais juste que, tous autant que vous
êtes, vous utilisez beaucoup plus souvent vos surnoms respectifs
qu’avant… !
- Ben, maintenant que tu es au courant, je ne vois pas l’intérêt
de continuer à s’obliger à s’appeler par nos prénoms habituels… ! Je dois
bien dire, d’ailleurs, que ça n’a pas toujours été facile, vu qu’en deux ans,
on a pris l’habitude de s’appeler par nos surnoms de Maraudeurs… !
répondit James. A ce sujet, si on s’intéressait un peu à ta…“formation” ?
suggéra-t-il en quittant la table, imité par Harry.
- D’accord… ! accepta ce dernier, en souriant à la
perspective de ce qui l’attendait.
- Bon, alors, on va aller dans la Bibliothèque… ! On y sera
plus au calme… ! »
* * * * *
Un peu plus tard, tous deux étaient
dans une vaste pièce du premier étage, remplie de vastes étagères, chargées de
livres en tout genre et de grimoires plus anciens les uns que les autres, et de
confortables fauteuils et de petites tables soigneusement sculptés. Une fois de
plus, Harry songea à la ressemblance qu’il y avait entre ce manoir et Poudlard,
par l’agencement des pièces, telles que la Bibliothèque qui, bien que
(beaucoup) moins conséquente que celle de Poudlard, offrait cependant un choix
relativement vaste… De plus, ici, les murs étaient recouverts de velours rouge
imprimé de volutes d’un jaune éclatant. Quelques hautes fenêtres, réparties de
chaque côté de la pièce, étaient encadrées de tentures rouges bordées d’or
maintenues par de longs cordons dorés, et laissaient entrer à grand flot, les
rayons éclatants du soleil estival. Ici aussi, des bougeoirs d’or étaient fixés
aux murs, et éclairaient la pièce d’une lumière agréable. Le plafond, également
situé à plusieurs mètres de hauteur, était composé d’une multitude d’arcades
aux voûtes sculptées reprenant d’autres motifs qui, en fait, variaient d’une
pièce à l’autre. Tous deux s’installèrent au fond de la pièce sur un large
canapé. Harry déposa “Comment devenir un Animagus en dix leçons ?”
sur la table.
«- Première leçon… ! Etablir
une autocritique, objective, en répertoriant toutes ses qualités et ses
défauts… ! résuma James qui, visiblement, connaissait le livre par cœur.
- C’est fait… ! répondit Harry, sortant un parchemin du
livre.
- Hum ! Et voilà la critique que j’ai établi, d’après ce que
je sais sur toi… ! commenta James, sortant, à son tour, un parchemin de sa
poche et en le posant sur la table. Alors, aujourd’hui, on devrait faire les
trois premières étapes… ! Tu n’as qu’à lire le deuxième chapitre, pendant
que je compare les deux listes, d’accord ?
- D’accord… ! » accepta Harry, avant de prendre le livre
et de le feuilleter, tandis que James, s’armant d’une plume et de patience,
entreprenait de chercher les traits de caractères de l’adolescent qui
ressortaient sur les deux listes.
En fait, les Maraudeurs avaient
expliqué à Harry qu’il devait lire le livre, chapitre par chapitre, au fur et à
mesure de son apprentissage, ce que l’adolescent respectait soigneusement. La
deuxième partie se révélait être une très longue liste d’animaux accompagnés de
leurs caractéristiques principales. Quasiment toutes les espèces possibles et
imaginables y étaient inscrites, allant du plus petit rongeur aux plus gros
mammifères, en passant par les animaux terrestres, ceux aquatiques, arboricoles
ou volant… Harry sourit, marquant un bref arrêt sur le chien et le cerf, notant
les similitudes que les deux Maraudeurs intéressés avaient avec leur forme
d’Animagus respective… Durant sa lecture, un miaulement sonore retentit dans la
pièce, le tirant de ses réflexions, alors que James continuait,
consciencieusement, à faire son travail. Gaïa, devant l’indifférence de son
maître, vint s’installer sur le canapé, entre les deux adolescents, Harry
caressant distraitement la tête bigarrée du félin qui ronronna, fermant
paresseusement les yeux.
«- Fini… ! annonça, finalement,
James, en posant sa plume sur un troisième parchemin. Alors, tu as lu tout le
chapitre 2 ?
- Presque… !
- Ben, quand tu auras fini, il faudra que tu répertorie tous les
animaux qui ont au moins une caractéristique commune aux tiennes, dans l’ordre
du plus fort coefficient de potentialité de concordance avec toi, au moins,
bien sûr… ! » conclut James, en lui tendant le troisième parchemin,
où une série d’adjectifs étaient inscrits.
Harry se hâta de finir sa lecture,
puis s’intéressa à la feuille, avant d’emprunter un autre parchemin à James et
commencer à relever les divers animaux potentiels à être sa forme d’Animagus.
* * * * *
Une heure plus tard, il reposait
finalement la plume, ayant finalement établit une liste d’une trentaine
d’animaux, les “premières places” étant occupées par de gros félin. Mordillant
le bout de sa plume, Harry relut une dernière fois la liste établie par James.
“Courage, sens de l’honneur, fierté,
audace, impulsivité, vivacité, perspicacité, intelligence, ruse…” la liste
était longue, mais moins que la diversité d’animaux qui possédaient au moins un
critère en commun avec lui.
«- C’est bon… ! annonça-t-il.
- Dans ce cas, on peut passer à la phase trois… ! commenta
James. Enfin, si ça te dit… !
- Pas de problème… ! assura Harry. Je suppose que je dois
lire le chapitre 3… ?
- Euh, non, c’est pas vraiment nécessaire, là… ! Il y a juste
une incantation à faire, par quelqu’un d’autre… ! D’où l’intérêt d’être à
plusieurs… ! Enfin, le mieux, c’est d’être à deux car, à plus, ça perturbe
un peu la concentration et surtout l’efficacité de l’incantation… !
- Ah… ! Tu veux le livre alors ? demanda Harry, tout en
jetant un regard au début du chapitre trois, qui titrait effectivement “Incantation”.
- Je ne serais pas contre, étant donné que je ne me souviens plus
trop des paroles exactes et que, dans ton intérêt, je ferai mieux de ne pas me
tromper… ! » ajouta-t-il avec une légère grimace.
Harry haussa les sourcils mais se
passa de commentaire et tendit le livre à James. Celui-ci se tourna vers son
chat qui paressait toujours sur le canapé.
« Allez, Gaïa, sors de
là ! » intima-t-il.
Le chat ouvrit les yeux et leva la
tête vers son maître.
« Gaïa, dehors… ! »
Le chat bailla, s’étira et quitta
lestement le divan, avant de trottiner vers la sortie, la queue dressée.
« Bon, au moins, il n’y aura
pas de risque que quelqu’un perturbe ta concentration… ! soupira James en
se retournant vers Harry. Alors, il faut que tu fermes les yeux et que tu fasse
le vide en toi… ! Pour plus d’efficacité, tu dois te débarrasser de toutes
tes pensées parasites et te fixer sur tes caractéristiques dominantes et à la
liste que tu viens d’établir, d’accord… ? »
Harry acquiesça d’un signe de tête,
se laissa aller contre le canapé, et ferma les yeux. James attendit un moment
puis, voyant l’adolescent se détendre, il commença l’incantation.
* * * * *
Il referma finalement le livre dans
un claquement sec qui suffit à extraire un Harry, à l’air épuisé, de la transe
dans laquelle l’incantation l’avait plongé.
«- Ok, on arrête là pour
aujourd’hui… ! annonça James. Comment te sens-tu ?
- Un peu fatigué mais ça va ! répondit Harry.
- Raison de plus pour en rester là… ! Et puis, de toute
façon, la quatrième étape, c’est patienter, jusqu’à la manifestation de
l’animal en lequel tu te transformera… ! L’incantation a seulement pour
but de réveiller les esprits de ces animaux qui ont des traits de caractère
commun avec toi… ! Il faut ensuite laisser faire le temps, pour que tu
trouves ta forme d’animagus… ! En principe, ça prend dans les deux, trois
mois… ! C’est l’étape la plus longue… ! ajouta James, en lui
redonnant le bouquin, avant de jeter un œil à sa montre. Bon, c’est bientôt
l’heure du déjeuner… ! On ferait mieux de descendre et… au fait… !
s’exclama-t-il soudain, en plongeant la main dans l’une de ses poches. Tiens,
prends ça avant… ! »
Harry eut un léger sourire, en
prenant la Chocogrenouille que son futur père lui tendait. C’était des gestes
tout simples comme celui-là, en plus de ses notes en classes, qui devaient
contrebalancer le fait qu’il soit, avant tout, un Maraudeur, et lui avait permit
d’avoir, non seulement le poste de Préfet mais aussi celui de
Préfet-en-Chef… ! En fait, mine de rien, James était beaucoup plus
responsable, organisé et raisonnable qu’on pouvait se l’imaginer de prime
abord… ! Ce n’était pas pour rien qu’il était considéré comme le chef des
Maraudeurs ou qu’il était capitaine de l’équipe de Gryffondor… !
Harry, tout en grignotant
distraitement la confiserie, était plongé dans ses réflexions, du moins jusqu’à
ce qu’une main, passant à quelques millimètres de son nez, ne le ramène à la
réalité.
«- Hein ? Quoi ? Tu disais
quelque chose ?
- Oh, je voulais m’assurer que tu étais toujours là, ce qui
n’était visiblement pas le cas… ! commenta James, amusé, debout devant
lui. Bon, on y va ? »
Harry, dont la fatigue avait soudainement
disparu grâce au chocolat, se leva lui aussi et tous deux quittèrent la vaste
Bibliothèque.
* * * * *
Après un rapide déjeuner (un simple
sandwich), les deux adolescents sortirent par la porte arrière du vaste salon
richement meublé, tout comme le reste de la maison, et qui donnait sur une
petite terrasse dallée en “L”qui suivait l’angle que formait cette façade de la
propriété, entourée d’une haie soigneusement coupée et qui s’ouvrait sur une
petite allée qui serpentait dans la partie arrière du jardin.
« Ma chambre est juste au
dessus… ! » commenta James, désignant un balcon au premier étage.
Harry acquiesça silencieusement et
reporta son attention sur la partie arrière du jardin qui restait proportionnel
au reste de la propriété et ressemblait plus à un parc qu’autre chose, avec
tous ces parterres de fleurs savamment disposés et entretenus, ses hauts et
vieux arbres au tronc noueux qui apportait une ombre et une fraîcheur bienvenue
en cette heure où le soleil estival était encore au zénith. Suivant James,
Harry franchit un petit pont en bois clair qui surplombait un petit lac d’eau
limpide qui grouillait de petits poissons écarlates.
«- Juste par curiosité, où va-t-on
comme ça… ? s’enquit Harry.
- D’abord, je te fais visiter… ! Et puis, je pensais qu’on
pourrait aller voler un peu… ! »
Disant cela, il désigna quelque
chose et, suivant son regard, Harry eut l’étonnement de découvrir que, en plus,
les Potter avaient leur propre terrain de Quidditch (bien plus petit que celui
de Poudlard, bien sûr, mais tout de même de bonne taille). Décidément, il
allait de surprise en surprise…
* * * * *
Vers seize heures trente, les deux
adolescents, mettant fin aux jeux aériens qui les avaient occupés jusque là,
regagnèrent le manoir où les attendait, sur la table de la terrasse, un plateau
sur lequel était disposée une carafe remplit d’un jus de citrouille frais, des
verres remplis de glaçons et une assiette chargée de biscuits au chocolat.
«- En tout cas, vos Elfes de Maison
sont sacrément prévoyants… ! commenta Harry, amusé, tout en sirotant son
verre de jus de citrouilles.
- Bah, on va dire qu’ils connaissent bien mes habitudes… depuis le
temps… ! Tiens, après, ça te dirai une partie de bataille
explosive… ? »
Harry acquiesça d’un signe de tête,
savourant ces moments de tranquillité et plus que plaisants dont il s’efforçait
de graver les moindres détails dans sa mémoire. Et puis, c’était vraiment (en
dehors de la soirée à l’infirmerie) la première fois qu’il avait l’occasion
d’être seul avec James… !
Tous deux commencèrent ensuite à
parler de tout et de rien, finissant de manger, jusqu’à ce qu’un Elfe de Maison
fasse son apparition pour débarrasser la table d’un claquement de doigts, après
s’être poliment assurés que les deux sorciers aient assez mangé. James et Harry
gagnèrent ensuite le salon, où ils se lancèrent dans une partie de bataille
explosive après que James ait sortit un paquet un peu roussi d’un tiroir d’un
des meubles massifs et anciens de la pièce.
Ce fut là qu’Elizabeth Potter les
découvrit, à son retour, alors que, après une lutte acharnée, James devait
finalement s’avouer vaincu.
«- Eh bien, je vois que vous n’avez
pas l’air de vous être ennuyés, tous les deux… ! commenta-t-elle.
- Oh, salut, m’man ! lança gaiement James, en l’apercevant.
Je ne t’ai pas entendu rentrer… !
- Tu étais si absorbé par ton jeu, Jimmy ! répondit-elle, en
lui souriant, alors qu’il essuyait ses joues, noircies par l’explosion des
cartes, d’un revers de manche. Alors, Harry, tu as passé une bonne
journée… ?
- Excellente, Mrs Potter… ! répondit l’intéressé en souriant.
- Tu sais que tu peux m’appeler par mon prénom, Harry… !
répliqua-t-elle. Alors, Jimmy, vous avez pensés à vos lettres de
Poudlard ?
- Oui… ! D’ailleurs, j’ai été nommé Préfet-en-Chef… !
marmonna-t-il vaguement, tout en rassemblant les cartes.
- Oh, mais c’est fantastique, mon chéri ! Ton père va être
heureux de l’apprendre quand tu le lui annonceras la semaine
prochaine.… ! »
James lâcha les cartes, le teint un
peu plus pâle que de coutume.
«- Père rentre la semaine prochaine
? s’exclama-t-il.
- Oui, en effet… ! Ils doivent rentrer plus tôt que prévu de
leur mission à Madrid, d’après ce qu’on m’a dit au Ministère ! Avec un peu
de chance, pour une fois, il sera là pour ton anniversaire, mon
chéri… ! »
Harry vit James grimacer légèrement,
visiblement peu emballé par cette perspective.
«- Mais, m’man, il sait que Harry
est là, au moins ?
- Oui… ! Et il a dit qu’il aurait ainsi l’occasion de faire
sa connaissance… ! » ajouta-t-elle en souriant à Harry.
Il y eut un instant de silence que
James se hâta de briser.
«- Au fait, m’man, comment c’est
passée ta réunion ?
- Comme d’habitude… ! répondit-elle simplement. On a fait des
mises au points et on a parlé de tout et de rien… ! Bon, alors, qu’est-ce
que vous aimeriez manger, ce soir ? » demanda-t-elle.
Les deux adolescents grimacèrent en
échangeant un regard entendu.
« Bon, je suppose qu’un repas
léger s’impose… ! » commenta Elizabeth Potter, en devinant la
signification de ce regard.
Sur ce, elle quitta la pièce,
laissant son fils et son invité entre eux.
«- Alors, on se refait une
partie… ? proposa James, désignant les cartes rassemblées dans sa main.
- Tu as le droit
à ta revanche… ! » répondit simplement Harry en souriant.
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